Enquête en Belgique contre Riad Salamé, le gouverneur de la banque centrale libanaise

Riad Salamé est inculpé d’enrichissement illicite et détournement de fonds publics au Liban. Des enquêtes sont ouvertes en France, en Suisse, en Allemagne, au Liechtenstein et au Luxembourg. Et désormais en Belgique.

 

Par Pauline Hofmann

 

Un pays de plus s’intéresse aux investissements de Riad Salamé en Europe. Des soupçons de blanchiment d’argent émergent en Belgique, après l’ouverture d’enquêtes en France, en Suisse, en Allemagne, au Liechtenstein, au Luxembourg et au Liban contre le gouverneur de la banque centrale libanaise. Dans son pays d’origine, Riad Salamé a été inculpé pour enrichissement illicite et détournement de fonds publics. Une information judiciaire a donc été ouverte par le parquet fédéral belge.

A l’été 2021, un procureur du parquet fédéral a transmis à son homologue français du parquet national financier le contenu d’un rapport d’enquête de la Cellule de traitement des informations financières (CTIF). Dans la ligne de mire, des investissements immobiliers à Bruxelles par Riad Salamé, au travers de sociétés administrées par des membres de sa famille, a rapporté samedi La Libre. A l’époque, le député Malik Ben Achour (PS) appelait la justice belge à se pencher sur un immeuble de l’avenue Louise. Fin mars 2022, 120 millions d’euros d’avoirs ont été gelés dans cinq pays européens.

Riad Salamé est suspecté d’être à la tête d’une « pyramide de Ponzi » qui implique le système politico-économique libanais. La banque du Liban aurait attiré les dépôts en dollars des banques commerciales en leur offrant des taux d’intérêts extravagants (ce que Riad Salamé réfute), entraînant une sorte de fuite en avant. Selon une source proche du dossier, Riad Salamé pourrait également avoir utilisé la banque centrale libanaise pour avantager certains de ses proches.

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